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2 milliards d’enfants sont concernés par l’une des premières causes de mortalité infantile

Zones où la pollution de l'air extérieur dépasse les normes internationales : 2 milliards d'enfants concernés / Crédits : Unicef
2 milliards d’enfants sont concernés par l’une des premières causes de mortalité infantile
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Selon un rapport de l’Unicef publié fin 2016, 2 milliards d’enfants dans le monde vivent dans une région où l’air extérieur dépasse les niveaux de toxicité imposés par l’Organisation Mondiale de la Santé, principalement à cause de la pollution d’origine humaine. Sur ces 2 milliards, près de 300 millions d’enfants, soit 1 sur 7, vivent dans une région où l’air est très toxique, dépassant d’au moins six fois les normes imposées par l’OMS. Quelles sont les conséquences sur leur santé ?

De nombreuses régions du monde concernées par cette forte mortalité infantile

L’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie, ainsi que l’Europe et les Amériques dans une moindre mesure, sont les continents les plus touchés par la toxicité de l’air et son impact sur la vie des enfants. Sur 300 millions d’enfants qui respirent un air extrêmement pollué (plus de +6 fois les normes imposées par l’OMS), l’Europe en compte quasiment la moitié, 120 millions.

« Cette pollution contribue de façon importante à la mortalité de quelque 600.000 enfants de moins de cinq ans annuellement et menace la vie et l’avenir de millions d’autres », a déploré le Directeur général de l’Unicef, Anthony Lake. « Les substances polluantes, non seulement endommagent les poumons des enfants mais elles peuvent aussi franchir la barrière protectrice du cerveau et endommager irrémédiablement leur développement cérébral, compromettant leur avenir. »

Grâce à l’imagerie satellite, l’Unicef a pu révéler les zones du monde où la quantité de « PM 2,5 », particules fines dont le diamètre est inférieur à 2,5 µm, dépasse la norme maximale établie par l’OMS. Cette toxicité de l’air est essentiellement due à l’utilisation intensive des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) et aux émissions de particules fines, de poussières et de CO2 qui en résulte. D’après les données collectées entre 2012 et 2014, 2 milliards d’enfants respirent un air trop pollué dans le monde.

Palmarès des régions du monde à forte mortalité infantile due à la pollution de l’air

L’Asie du Sud est la région du monde la plus touchée par la pollution et la toxicité de l’air extérieur, avec 620 millions d’enfants concernés. Elle est suivie de près par l’Afrique, avec 520 millions d’enfants surexposés au risque de mortalité due à la pollution de l’air, puis par l’Asie de l’Est et le Pacifique (450 millions), et l’Amérique du Nord et du Sud (130 millions).

En Europe, 120 millions d’enfants vivent dans des zones où la toxicité dépasse les normes acceptables de qualité de l’air établies par l’OMS, dont 20 millions sont exposés à des niveaux de toxicité deux fois supérieurs à la norme internationale. L’exposition aux particules fines est plus importante autour des grandes agglomérations.

Crédits : Unicef / Satellite derived PM 2.5 level (global annual average), Europe, 2012-2014

La mauvaise qualité de l’air intérieur également en cause

Le rapport de l’Unicef avertit également des dangers de la pollution de l’air intérieur engendrée par l’utilisation du charbon, du gaz, du pétrole et du bois pour cuisiner et se chauffer. Cumulée avec celle de l’air extérieur, la pollution intérieure est responsable de maladies respiratoires (pneumonie, bronchiolite…), qui cause près d’un décès sur dix chez les enfants de moins de 5 ans (4.000 enfants en Europe en 2012, 40.000 en Afrique).

C’est pourquoi la mauvaise qualité de l’air est l’une des plus grandes menaces pour la santé infantile. En 2013, l’utilisation du charbon et du bois dans les foyers mettait en danger la vie de plus d’1 milliard d’enfants, dont un peu plus de la moitié (642 millions) vivent en Asie, et 352 millions en Afrique.

Le besoin urgent d’une politique de transition énergétique

Les enfants sont les plus sensibles à la pollution car leurs poumons, leur cerveau et leur système immunitaire n’ont pas terminé leur croissance, et leurs voies respiratoires sont plus fragiles.

Pour combattre l’une des premières causes de mortalité infantile, l’Unicef a donc demandé aux dirigeants de la planète de prendre des mesures d’urgence dans leurs pays respectifs pour améliorer la qualité de l’air et protéger les plus exposés, notamment :

  • en réduisant l’utilisation des énergies fossiles,
  • en accélérant la transition vers les énergies renouvelables,
  • en facilitant l’accès des enfants aux soins médicaux,
  • en plaçant les écoles et terrains de jeu éloignés des sources de pollution industrielle et automobile,
  • en réduisant la quantité de détritus brûlés.

Sources : Sciences et Avenir, Unicef