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Le football, un sport dangereux pour le cerveau ?

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Le football, un sport dangereux pour le cerveau ?
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D’après une étude menée par autopsie sur le cerveau de 202 joueurs de football américain, les chocs crâniens réguliers subis pendant la pratique de ce sport favoriseraient l’apparition d’une dégénérescence neurologique. Selon les auteurs de l’étude, les joueurs de football anglais, ou « soccer », pourraient également  être concernés. Avec plus de 265 millions de pratiquants de foot licenciés dans le monde, la question concerne de nombreuses personnes.

Football et dégénérescence des neurones

Au football américain ou anglais, les joueurs peuvent utiliser leur tête pour intercepter le ballon. Or, cette pratique sportive, impliquant de petits chocs répétés pour les joueurs professionnels, pourrait provoquer la dégénérescence des neurones.

L’étude en question a été publiée dans le Journal of American Medical Association (JAMA). Le cerveau de 202 joueurs de football américains a été autopsié afin de déterminer s’il existe un lien entre les commotions cérébrales subies pendant le sport et le déclenchement d’encéphalopathie traumatique chronique (ETC).

Sur 202, 177 footballeurs étaient atteints d’ETC, soit 87% de l’échantillon étudié.

En moyenne, les joueurs avaient pratiqué ce sport pendant 15 ans jusqu’à un niveau professionnel. Pour preuve, 110 des 111 anciens joueurs professionnels de la Ligue Nationale de Football américaine étaient concernés.

D’après les chercheurs de l’Université de Boston, aux Etats-Unis, plus l’intensité du jeu était importante, plus la forme de l’ETC était sévère. En effet, leurs résultats ont montré que « 56% des ex-joueurs universitaires et semi-professionnels souffraient des formes les plus graves d’ETC », un pourcentage grimpant à 86% chez les professionnels.

Démence et troubles du comportement

Les chercheurs ont comparé ces résultats aux bilans médicaux des joueurs, décédés en moyenne à 66 ans.

Ils ont constaté certains symptômes chez les 27 sujets atteints d’une ETC modérée :

  • des troubles du comportement (96%),
  • des problèmes de mémoire ou de concentration (85%),
  • démence (30%).

Ils ont constaté des symptômes plus sévères chez les 84 joueurs atteints d’ETC sévère : 85% étaient atteints de démence.

D’autres sports concernés ?

Selon les chercheurs, les adeptes du football anglais, du rugby et d’autres sports violents impliquant des chocs crâniens ne sont pas épargnés.

En 2013, une étude parue dans la revue scientifique Neurology et menée auprès de 400 joueurs de football amateurs montrait que les chocs induisaient des modifications dans la matière blanche du cerveau. Résultat : un grand nombre d’impacts était lié à de moins bons résultats aux tests de mémoire.

Concernant le football américain, la NFL (ligue nationale de football) a proposé des mesures pour limiter ces traumatismes crâniens. En revanche, le risque reste entièrement ignoré par les ligues nationales de football anglais.

Symptômes de l’encéphalopathie traumatique chronique

Un symptôme principal semble être commun à tous les degrés d’encéphalopathie traumatique, c’est est l’état mental altéré : la personne perd des facultés neuronales.

On peut constater chez le sportif ayant subi des chocs répétés :

  • migraines, nausées, vertiges
  • dégradation de la faculté à s’exprimer,
  • difficulté à dessiner des motifs ou des mots simples
  • trouble de l’attention et de la concentration
  • bourdonnements dans l’oreille, diminution de l’audition
  • manque de coordination de mouvement
  • hypersensibilité à la lumière (photophobie)
  • irritabilité, violence verbale
  • léthargie
  • tremblements,
  • douleurs musculaires
  • crises de démences (propos incohérents…)
  • dépression, pensées suicidaires…

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