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Grossesse et addiction : pourquoi et qui consulter ?

Grossesse et addiction : pourquoi et qui consulter ?
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Quelle que soit la drogue : cocaïne, opiacés, alcool, cannabis, les femmes enceintes souffrant d’addiction parviennent difficilement à arrêter leur consommation malgré la grossesse. Pourquoi est-ce important de consulter ? A qui en parler ?

Un sevrage en douceur est nécessaire

Le CHU de Lyon propose des consultations spécifiques pour aider les femmes enceintes connaissant des problèmes d’addiction à mener leur grossesse à terme. Les professionnels disponibles sur tout le territoire, comme les médecins psychologues, peuvent aussi les accompagner après l’accouchement pour les aider à accueillir leur enfant dans les meilleures conditions.

Selon le Dr Brigitte David, responsable de la consultation grossesse et addiction au CHU de Lyon, les femmes enceintes dépendantes à une ou plusieurs substances psycho-actives et parfois à un comportement destructeur comme l’anorexie, « arrivent en consultation honteuses, dans la culpabilité vis-à-vis de leur bébé », pourtant, elles ne sont pas jugées mais au contraire, écoutées, rassurées, soutenues. Le plus important est qu’elles comprennent le besoin d’être suivies pendant leur grossesse à risque.

Le Docteur David confirme que même si « beaucoup ont déjà essayé de baisser leur consommation », cela reste difficile. C’est pourquoi elle travaille avec elles sur un arrêt ou une diminution progressive de la consommation de drogues. L’arrêt de certaines drogues, plus toxiques pour le bébé, est priorisé. Selon elle, le sevrage brutal d’opiacés pendant la grossesse peut provoquer des troubles neuropsychiques mais il existe des traitements de substitution compatibles avec une grossesse et l’allaitement maternel.

Un suivi qui permet de rassurer les juges

Pour certaines femmes en grande précarité, qui ont déjà un ou deux enfants placés, « le fait d’être suivies pendant leur grossesse et leur accouchement permet le plus souvent que l’enfant ne leur soit pas retiré« , selon Brigitte David. Un argument de taille pour inciter ces femmes à consulter un médecin et à parler de leurs addictions, pour leur bien et celui du bébé.

Cette consultation au CHU de Lyon est unique en son genre en France. Depuis 2012, 235 patientes ont été prises en charge dans le cadre de cette consultation.

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