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Sport sur ordonnance : comment ça marche ?

Depuis le 1er mars 2017, les médecins peuvent prescrire sur ordonnance une Activité Physique Adaptée, ou APA, mais uniquement aux personnes souffrant d’affections de longue durée, telles que le diabète, ou l’insuffisance cardiaque. La reconnaissance officielle du sport comme « médicament » est désormais inscrite dans la loi. Comment cela fonctionne-t-il ?

Quelles sont les affections de longue durée concernées ?

En 2017, plus de 10 millions de Français souffriraient d’au moins une des 29 affections de longue durée (ALD) concernées par le sport sur ordonnance, bien que l’hypertension artérielle n’en fasse plus partie. Toute personne atteinte d’une ALD peut donc potentiellement contacter son médecin pour lui demander de lui prescrire une activité physique adaptée.

Voici la liste des ALD concernées par la prescription d’une APA :

  • Accident vasculaire cérébral invalidant
  • Insuffisances médullaires et autres cytopénies chroniques
  • Artériopathies chroniques avec manifestations ischémiques
  • Bilharziose compliquée
  • Insuffisance cardiaque grave, troubles du rythme graves, cardiopathies valvulaires graves, cardiopathies congénitales graves
  • Maladies chroniques actives du foie et cirrhoses
  • Déficit immunitaire primitif grave nécessitant un traitement prolongé, infection par le virus de l’immuno-déficience humaine (VIH)
  • Diabètes de type 1 et de type 2
  • Formes graves des affections neurologiques et musculaires (dont myopathie), épilepsie grave
  • Hémoglobinopathies, hémolyses, chroniques constitutionnelles et acquises sévères
  • Hémophilies et affections constitutionnelles de l’hémostase graves
  • Maladie coronaire
  • Insuffisance respiratoire chronique grave
  • Maladie d’Alzheimer et autres démences
  • Maladie de Parkinson
  • Maladies métaboliques héréditaires nécessitant un traitement prolongé spécialisé
  • Mucoviscidose
  • Néphropathie chronique grave et syndrome néphrotique primitif
  • Paraplégie
  • Vascularites, lupus érythémateux systémique, sclérodermie systémique
  • Polyarthrite rhumatoïde évolutive
  • Affections psychiatriques de longue durée
  • Rectocolite hémorragique et maladie de Crohn évolutives
  • Sclérose en plaques
  • Scoliose idiopathique structurale évolutive jusqu’à maturation rachidienne
  • Spondylarthrite grave
  • Suites de transplantation d’organe
  • Tuberculose active, lèpre
  • Tumeur maligne, affection maligne du tissu lymphatique ou hématopoïétique.

Quels sont les bienfaits de l’activité physique adaptée ?

L’activité physique adaptée, ou APA, agit :

  • à titre préventif car sa pratique diminue de moitié le risque de développer un diabète de type 2 chez les personnes à risque (génétique),
  • comme un traitement puisqu’elle diminue de 45% le risque de récidive du cancer du sein, mais elle fait aussi baisser la pression artérielle et améliore l’espérance de vie des personnes atteintes de mucoviscidose,
  • elle diminue l’intensité des symptômes comme la fatigue duse à la chimiothérapie, la douleur en cas d’arthrose, les rhumatismes inflammatoires et les symptômes de la BPCO, bronchopneumopathie chronique obstructive.
  • elle entraîne des bénéfices en cas de maladies neurodégénératives (Maladie d’Alzheimer), de dépression, d’insuffisance cardiaque, d’infarctus du myocarde, etc.

Quels professionnels peuvent dispenser l’APA ?

Les cours d’activité physique adaptée peuvent être dispensés par :

  • un masseur kinésithérapeute,
  • un ergothérapeute,
  • un enseignant en activité physique adaptée (APA),
  • un éducateur sportif,
  • un bénévole non diplômé.

Comment remboursent l’Assurance Maladie et la mutuelle ?

L’APA prescrite par votre médecin dans le cadre d’une consultation médicale et sa réalisation sont à la charge des patients ou des collectivités territoriales qui souhaitent s’engager dans un dispositif Sport Santé. Une quinzaine de villes françaises, pionnières, ont déjà emboîté le pas, comme à Strasbourg, ou à Biarritz, où l’association Côte Basque Sport Santé est financée par la ville de Biarritz et des partenaires privés.

Il n’est pas encore prévu que l’Assurance Maladie, ou la Sécurité Sociale, ne rembourse la prescription et la réalisation de l’APA. Toutefois, les mutuelles devraient rapidement proposer à leurs adhérents en ALD de financer une partie de leurs coûts de sport. Par exemple, la MAIF rembourse 500 euros par personne par an.

Sources : Ameli, Esanté