Au comptoir, entre deux boîtes de paracétamol et une question sur le sirop contre la toux, c’est toujours la même scène qui se répète. Un patient de plus de 65 ans s’avance, carte vitale en main, et demande son vaccin contre la grippe comme chaque année. Sauf que le pharmacien, un brin blasé mais toujours patient, doit à nouveau tout réexpliquer. Car non, ça ne se passe plus comme avant. Entre les nouveaux vaccins, les injections groupées et le calendrier qui a bougé, la vaccination d’automne a pris un tout autre visage ces dernières saisons. Et avec la reprise épidémique observée ces dernières semaines, mieux vaut comprendre rapidement ce qui attend les seniors et les personnes fragiles dès la mi-octobre.
- La campagne de vaccination débute le 13 octobre et permet désormais de recevoir en une seule visite le vaccin contre la grippe et celui contre le Covid-19, un dans chaque bras
- Cinq vaccins antigrippaux sont proposés, dont Efluelda et Fluad réservés aux 65 ans et plus, tandis que le Comirnaty ciblant le sous-lignage XFG d'Omicron est utilisé pour le Covid-19
- Les deux vaccins sont pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie pour les publics prioritaires, malgré un taux de vaccination antigrippal jugé insuffisant lors de la saison précédente (49,6 %)
Sommaire
Une campagne 2026 qui bouscule les habitudes des seniors
Cette année encore, le coup d’envoi est donné le 13 octobre, et ce dans toute la métropole ainsi qu’en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane. Seules exceptions à la règle : Mayotte, où la campagne a déjà démarré dès septembre, et La Réunion, calée sur le calendrier de l’hémisphère sud. Ce timing n’a rien d’un hasard. La rentrée scolaire, avec son cortège de salles de classe, de bureaux et de transports bondés, a clairement relancé la machine à microbes. Les indicateurs sont sans appel : hausse des passages aux urgences pour suspicion de Covid-19, progression des consultations chez SOS Médecins, et circulation virale confirmée par la surveillance des eaux usées, cette méthode un peu discrète mais redoutablement efficace pour détecter les vagues avant qu’elles n’explosent. Autrement dit, le virus n’a pas pris de vacances, et les autorités sanitaires préfèrent avancer la vaccination plutôt que de courir après l’épidémie.
Deux injections, un seul rendez-vous : ce qui change vraiment
Voici la vraie nouveauté qui change la donne pour les plus de 65 ans et les personnes à risque : dès le 13 octobre, il est possible de recevoir le vaccin contre la grippe et celui contre le Covid-19 au cours de la même visite, un dans chaque bras. Fini les deux rendez-vous séparés à caser dans un emploi du temps déjà chargé. Côté grippe, cinq vaccins sont proposés cette saison, dont deux réservés spécifiquement aux 65 ans et plus, Efluelda et Fluad, pensés pour renforcer la réponse immunitaire chez un organisme qui a parfois besoin d’un petit coup de pouce supplémentaire. Aucun vaccin antigrippal à ARNm ne figure au catalogue cette année. Pour le Covid-19, c’est la formulation Comirnaty ciblant le sous-lignage XFG d’Omicron qui sera distribuée, une version adaptée aux variants actuellement en circulation. Cette simplification n’est pas qu’un confort de planning : elle facilite aussi le travail des professionnels de santé, qui peuvent ainsi protéger leurs patients en une seule fois, sans multiplier les créneaux.
Pourquoi les pharmaciens insistent autant cette année
Si les officines mettent autant d’énergie à répéter le message, ce n’est pas pour le plaisir de faire la leçon. Lors de la précédente campagne, seulement 49,6 % des personnes à risque en France métropolitaine s’étaient fait vacciner contre la grippe, un chiffre jugé insuffisant par les autorités sanitaires, notamment chez les personnes âgées et vulnérables, mais aussi chez certains professionnels de santé pourtant en première ligne. Or la vaccination reste protectrice contre les formes graves et le Covid long, deux risques qui pèsent lourd chez les publics fragiles. Ce sont d’ailleurs les mêmes catégories qui restent prioritaires cette saison : les plus de 65 ans, les femmes enceintes, les personnes immunodéprimées, celles souffrant de certaines comorbidités, les personnes présentant une obésité sévère avec un IMC supérieur ou égal à 40 kg/m², les résidents d’établissements médico-sociaux, ainsi que les professionnels de santé et toutes les personnes en contact régulier avec des publics vulnérables. D’ailleurs, cette édition marque une étape supplémentaire avec le déploiement progressif de l’obligation vaccinale contre la grippe pour certains professionnels. Bonne nouvelle côté portefeuille : pour tous les publics ciblés, la prise en charge reste à 100 %, bon de l’Assurance maladie à l’appui, qui couvre à la fois le vaccin et l’acte d’injection.
Face à une circulation virale qui ne faiblit pas à l’approche de l’hiver, cette nouvelle organisation a au moins le mérite de simplifier la vie de celles et ceux qui en ont le plus besoin. Reste à chacun de prendre rendez-vous dès le 13 octobre, en pharmacie ou chez son médecin, pour ne pas se laisser surprendre par la vague saisonnière.

