in

Jusqu’à quel âge produisons-nous de nouveaux neurones ?

Crédits : Narek 75 / Wikimedia
Jusqu’à quel âge produisons-nous de nouveaux neurones ?
noté 5 - 1 vote

D’après une nouvelle étude publiée le 7 mars 2018 dans la célèbre revue Nature, les recherches de ces 20 dernières années pourraient être remises en cause en ce qui concerne la production de nouveaux neurones chez l’Homme à l’âge adulte. 

Adultes, produisons-nous de nouveaux neurones ?

Pour commencer, définissons la neurogenèse. La neurogenèse désigne l’ensemble du processus de formation d’un neurone fonctionnel du système nerveux à partir d’une cellule souche neurale (Wikipédia).

Jusqu’à aujourd’hui, les études concernant la neurogenèse, ou la production de neurones, montraient que l’on fabriquait de nouveaux neurones jusqu’à la mort, mais cette étude produite par des chercheurs en neurosciences de l’Université de Californie, à San Francisco (USCF), pourrait prouver le contraire.

C’est l’équipe d’Arturo Alvarez Buylla, professeur au département de chirurgie neurologique de l’UCSF, qui est à l’origine de cette découverte. Après avoir analysé les tissus cérébraux post mortem et postopératoires humains, ils ont observé la présence de nouveaux neurones chez les fœtus, les enfants et adolescents, mais pas chez les adultes.

L’Institut Pasteur reste prudent sur les conclusions de cette étude car elle vient contredire plusieurs études qui avaient montré que l’adulte produisait aussi de nouveaux neurones. D’après les résultats d’une étude publiée en 1965 dans la revue Nature, Peter Eriksson et Fred H. Gage avaient confirmé que “l’hippocampe humain garde sa capacité à générer des neurones tout au long de la vie.”

En 2000, les mêmes chercheurs, Peter Eriksson et Fred Gage, ont produit une autre étude qui démontrait que des nouveaux neurones pouvaient être générés dans le gyrus denté (situé dans le cortex cérébral, le long de l’hippocampe). jusqu’à l’âge de 72 ans. En 2013, des chercheurs de l’Institut Karolinska en Suède, parviennent à définir que chez les humains adultes, 700 nouveaux neurones sont formés chaque jour dans l’hippocampe, avec une légère diminution au cours du vieillissement.

L’année 2018 sera-t-elle marquée par cette nouvelle étude qui contredit les résultats obtenus par les autres chercheurs ? L’équipe de l’UCSF a collecté des échantillons d’hippocampe post mortem et postopératoires de 59 personnes, incluant des fœtus à 14 semaines de gestation jusqu’à des adultes de 77 ans. Les échantillons ont été traités avec des marqueurs classiques à anticorps, chargés de révéler les cellules progénitrices neuronales (futurs neurones) et les jeunes neurones.

Chez l’adulte, les échantillons marqués ne présentent pas de futurs ni de jeunes neurones dans le gyrus denté de l’hippocampe, admis comme étant le siège de la neurogenèse adulte. Ils ont pu établir une densité de neurones par millimètre carré en fonction de l’âge :

  • la densité des jeunes neurones est d’environ 1618 neurones par millimètre carré à la naissance,
  • elle passe à 12 par millimètre carré à l’âge de 7 ans,
  • puis à 2 jeunes neurones par millimètre carré à 13 ans.

Les chercheurs n’ont pas trouvé de trace de jeunes neurones dans les échantillons d’individus de plus de 18 ans. Aucune des 13 personnes de plus de 11 ans ne présentait de nouvelles cellules cérébrales.

Même si cette étude contredit d’autres recherches sur le sujet, ses résultats sont similaires à ceux d’une étude publiée en 2016 par Greg Sutherland (Université de Sydney, Australie). Ce dernier avait analysé les tissus humains de 23 patients décédés, de la naissance à 59 ans et avait également conclu à un déclin marqué de la production de neurones avec le vieillissement.

L’Institut Pasteur est prudent quant aux résultats de cette étude publiée le 7 mars 2018, notamment à cause des techniques utilisées : la pertinence des marqueurs et l’échantillonnage utilisé.

Source

Articles liés :

Cerveau : 6 conseils pour conserver une bonne santé mentale

Danser : des bienfaits insoupçonnés pour la santé physique et mentale

Grandir ou vivre près de la nature : des effets surprenants sur le cerveau