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La coulrophobie, comment lutter contre la peur du grand méchant clown ?

© Ryan McGuire / Pixabay
La coulrophobie, comment lutter contre la peur du grand méchant clown ?
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Oui, certaines personnes, le plus souvent des enfants, ont peur des clowns. On parle alors de coulrophobie. Mais quelles en sont les causes ? Comment se manifeste-t-elle ? Comment la traiter ? Voici quelques éléments de réponses.

Alors que vous pourriez n’avoir que de la réticence envers les clowns, sorte de symptôme post-traumatique après vous être collé(e)s devant le film « Il » est revenu, l’adaptation cinématographique du roman de Stephen King, certaines personnes, elles, ont réellement peur des clowns. Notamment les enfants.

Comment expliquer cette peur ?

La coulrophobie chez l’enfant s’explique par une peur de l’apparence physique des clowns. Le visage repeint en blanc, les lèvres rouges et immenses, ces pieds anormalement grands, cette allure un peu étrange d’un personnage qu’il ne connait peut en effet effrayer les plus jeunes. De par son apparence “différente” et masquée, les clowns n’inspirent tout simplement pas confiance.

Pour aller à l’origine de cette réticence envers les clowns, il faut parfois se replonger dans le passé. Si vous êtes tombé sur un film avec un clown méchant, les images ont pu provoquer un léger choc dans votre tête. Images qui, restées enfouies dans votre inconscient, pourraient bien se réveiller à l’âge adulte. Comme le précise le Pr Antoine Pelissolo, psychiatre spécialiste des troubles anxieux, “le simple fait d’avoir vu au moins une fois dans sa vie, un clown dans un contexte effrayant peut suffire à créer la phobie”.

Comment se manifeste la coulrophobie ?

Au même titre que la claustrophobie ou l’agoraphobie, la simple vue d’un clown va mettre votre corps en hyper-alerte. La peur est telle, qu’elle ne laisse pas la place au raisonnement ; le cœur s’accélère, les muscles se raidissent. Certain(e)s chercheront même à se défendre par la violence pour se protéger.

Que faire alors en cas de crise (de panique) soudaine ? Pour les clowns comme pour le reste, fuir n’est jamais la solution : “Éviter et fuir les clowns toute sa vie n’est pas la solution et ne fait qu’aggraver la phobie”, souligne le spécialiste.

Comment la canaliser ?

Chez les enfants, la méthode la plus constructive consiste à le rassurer en procédant à une désensibilisation progressive, le but étant de s’habituer au “clown”. La peur découle de l’ignorance, du manque d’expérience. En habituant nos enfants  la présence du clown, par le biais de photos ou vidéos, par exemple, ceux-ci pourront alors affronter leur peur en douceur, et à petites doses.

Chez les adultes, pour se donner les moyens de vaincre sa phobie, la première chose à faire est tout d’abord d’en parler. Ne plus en faire un déni et assumer son anxiété est une démarche évidente et primordiale de lutte contre la phobie.

Le Pr Antoine Pelissolo conseille de regarder régulièrement des films avec des clowns “méchants”, pendant 5 à 10 minutes. L’objectif est de s’habituer progressivement et de déprogrammer la peur, le but étant, à terme faire la différence entre les clowns « rigolos » et les clowns effrayants. Certain(e)s pourront également passer par la psychothérapie cognitive comportementale, généralement préconisée aux personnes souffrant gravement de la crainte des clowns.

La psychothérapie cognitive comportementale aura pour but de vous confronter à vos peurs, en la présence d’un psychothérapeute. La méthode, qui a fait ses preuves, améliore de manière considérable la vie du phobique en réduisant le stress, les spasmes, les crises d’angoisse qui faisaient son quotidien.

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