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E-cigarette : position française et dernières études en date

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Décidément, le consensus n’est pas prêt d’être trouvé sur le ratio-bénéfice — risques de la cigarette électronique. En effet, les études se suivent, mais ne se ressemblent pas, certaines braquant les projecteurs sur les effets secondaires du vapotage, d’autres mettant en avant la nécessité d’une politique du « moindre mal » pour lutter contre le tabac, qui reste un problème de santé publique dans la majorité des pays de la planète.

 

E-cigarette : quand les autorités sanitaires françaises revoient leur copie

En France, la cigarette électronique fait l’objet de positions moins virulentes en comparaison avec le début des années 2010. Il semblerait même qu’elle fasse une entrée timide, mais remarquée dans l’arsenal de lutte contre le tabagisme dans un pays que l’on a longtemps surnommé la « Cheminée de l’Europe ». Commençons notre tour d’horizon par l’Académie nationale de médecine, qui a publié un communiqué sans équivoque le 12 décembre 2019 intitulé : « L’Académie nationale de médecine rappelle les avantages prouvés et les inconvénients indûment allégués de la cigarette électronique ». Dans cette communication, les « Sages » estiment que la crise de confiance qui touche l’e-cigarette pourrait « causer la mort de milliers de fumeurs alors que le tabac tue la moitié de ses fidèles consommateurs ».

Pour l’Académie nationale de médecine, la cigarette électronique est un allié de sevrage tabagique, pour peu que certaines conditions de bon sens soient observées : garantit la sûreté des produits de vapotage, déclarer les substances présentes dans les e-liquides, interdire la vente de kit de cigarette électronique aux mineurs et interdire le vapotage là où le tabac est interdit.

De son côté, la haute autorité de santé (HAS) estime désormais que la cigarette électronique est « une aide pour arrêter ou réduire la consommation de tabac des fumeurs ». Pour justifier sa position, la HAS cite une étude réalisée par Santé publique France, qui démontre que la cigarette électronique a permis à quelque 700 000 fumeurs français de décrocher durablement sur les cinq dernières années… une « performance » que n’ont pas réussie les autres alternatives au tabac. Enfin, et pour répondre à l’impératif de transparence prôné par l’Académie nationale de médecine, l’Agence nationale pour la sécurité des aliments, de l’environnement et du travail (ANSES) a mis au point une base de données accessible à tous, recensant la composition chimique de la totalité des produits de vapotage commercialisés dans l’Hexagone.

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Crédits :librakv/ istock

Les études se suivent… mais ne se ressemblent pas

L’étude d’envergure la plus récente a été publiée dans la revue American Journal of Préventive Medicine. Elle explique, en somme, que les vapoteurs ont 30 % plus de chances de développer une maladie respiratoire en comparaison avec des personnes qui n’ont jamais fumé ou vapoté. Cette étude, qui a suivi 32 000 entre 2013 et 2016 avant de publier ses résultats fin 2019, a suscité une vague de critiques pour une raison simple : l’écrasante majorité des vapoteurs suivis sont… d’anciens fumeurs ! « Ils auraient dû comparer les taux de maladie respiratoire chez les ex-fumeurs qui vapotent et chez les ex-fumeurs qui n’ont jamais vapoté », explique le professeur Bertrand Dautzenberg, praticien dans le service de pneumologie à la Salpêtrière, à nos confrères du Figaro.

Dans une autre étude, plus préoccupante, on apprend que l’utilisation de la cigarette électronique chez les mineurs américains a gagné environ 10 points en 9 ans. En effet, la proportion des lycéens qui vapotent est passée de 0,6 % en 2011 à 10,5 % en 2019, avant de redescendre à 4,7 % en 2020. Encore plus préoccupant : selon une étude menée par Truth Initiative, deux tiers des vapoteurs de la marque leader, Juul, et qui ont entre 15 et 21 ans ne savent pas que les e-liquides qu’ils utilisent contiennent de la nicotine.

Enfin, Public Health England, l’équivalent de Santé publique France, a publié son 6e rapport indépendant sur la cigarette électronique en mars 2020. L’organisme conseille aux fumeurs de passer à la cigarette électronique jusqu’à réussir leur sevrage à la nicotine, et aux non-fumeurs de ne jamais se mettre au vapotage.