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Films d’horreur : Pourquoi les aime-t-on ?

Crédits :erikreis/ istock

Par un soir glacial d’automne aux environs d’Halloween, vous vous retrouvez seul à la maison. Profitant de cette ambiance particulièrement angoissante, vous en  profitez pour regarder un film d’horreur, celui dont tous vos amis vous rebattent les oreilles depuis des mois.

Vous avez peur, oui, mais ne pouvez vous empêcher d’insérer le DVD dans son lecteur, la main tremblante. Le film commence, votre gorge, sèche, vous empêche de déglutir correctement vos pop-corn. Vous savez que c’est une mauvaise idée, que la trouille va peu à peu vous envahir, insidieusement.

Mais vous ne pouvez détacher le regard devant tant d’atrocités, comme si vous étiez hypnotisé. Après 1 h 30 de souffrances, le calvaire se termine enfin. Pourtant, tout en reprenant avec peine votre respiration, vous en redemandez encore. Comment expliquer notre fascination pour les films d’horreur ? Pourquoi nous plaisent-ils autant ? 

Pourquoi a-t-on peur ?

La peur, la sensation de danger, peut être aussi bien réelle qu’imaginaire. Lorsque l’on ressent de la peur, tout provient d’un organe situé dans le cerveau, l’amygdale. Grâce aux informations transmises par nos sens comme les yeux, l’ouïe ou encore le toucher, l’amygdale évalue la menace dans le but de déclencher une réponse appropriée (fuite, combat ou passivité). Elle lancera alors la production de diverses hormones telles que l’adrénaline, la sérotonine, les endorphines ou encore le cortisol.

Ce sont ces hormones qui vont activer différentes parties de notre corps, comme la pression artérielle, la respiration, les suées etc.

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Crédits :Prostock-Studio/ istock

Pourquoi alors ressentons-nous du plaisir au visionnage d’un film d’horreur ?

La différence entre la peur réelle face à un danger et la peur ressentie devant un film d’horreur est fondamentale. Il s’agit du profond sentiment de sécurité. Peu importe ce que l’on peut ressentir, nous savons rationnellement qu’il ne peut rien nous arriver en réalité. Ainsi, cela nous permet d’apprécier pleinement la montée des différentes hormones précédemment citées. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si ce sont les jeunes qui vont le plus souvent voir un film d’horreur au cinéma : ils sont particulièrement sensibles aux hormones à cet âge.

Mais nous regardons également les films d’horreur pour d’autres raisons. Le film peut être une manière de prouver quelque chose à soi-même, ou aux autres. De même, il nous permet de relativiser notre propre mort, à l’appréhender : « Jamais je ne finirais en petits morceaux rangés dans des tupperwares » pourrait-on se dire pour se rassurer.

Pourquoi ne réagissons-nous pas de la même manière ?

Nous ne sommes pas tous égaux devant un film d’horreur. Certains ressentiront du plaisir, d’autres s’en souviendront pendant longtemps et pourront aller jusqu’à se réveiller angoissés au beau milieu de la nuit.

Tout d’abord, la génétique rentre en compte. En effet, certaines personnes vont générer plus d’hormones que d’autres, notamment la sérotonine. Elle qui est responsable du plaisir peut se retrouver produite en faibles quantités chez certaines personnes. Ainsi, elles ne parviendront pas à surmonter leur peur.

Une expérience traumatisante survenue pendant l’enfance peut aussi être une cause de cette différence. Nous devenons alors une fois adultes plus sensibles à la peur.

Enfin, certaines personnes vont faire évoluer leur peur en anxiété. Elle se base non pas sur la crainte de ce qui est présent, mais de ce qui pourrait se passer dans l’avenir. Un film d’horreur peut amorcer le développement de l’anxiété. Le cerveau peut avoir du mal à conclure que les événements d’un film ne sont pas réels.