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Les nouvelles technologies ont-elles des effets sur notre santé mentale ?

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Les nouvelles technologies ont-elles des effets sur notre santé mentale ?
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Pour la plupart, le téléphone, le PC, les systèmes informatisés, télécommandés, la TV… rythment notre quotidien. Nous avons encore trop peu de recul pour déterminer avec précision les conséquences de ces habitudes sur notre cerveau, mais les recherches en neurosciences ont montré que le lien entre maladies mentales et nouvelles technologies numériques est de plus en plus fort…

Le numérique, facteur de stress et de dépression ?

Bien que la démocratisation d’Internet ait apporté la possibilité à presque tous d’accéder à un puits infini d’informations et de connaissances, le numérique aurait aussi ses effets négatifs sur notre cerveau.

D’après une étude menée en 2012 par des chercheurs de l’université de Göteborg, en Suède, l’utilisation excessive du PC et du téléphone pourrait être un facteur d’augmentation du stress et d’apparition de symptômes de dépression. Cette pratique serait aussi à l’origine de la diminution de la qualité du sommeil chez les jeunes adultes.

D’autre part, certains faits divers nous incitent à penser que les nouvelles technologies nous rendent fous. En 2014, un Anglais de 19 ans passait ses journées à faire des selfies, il avait arrêté les cours à 16 ans pour s’adonner à son obsession : faire le selfie parfait. Après avoir tenté de se suicider en prenant des médicaments, il a été traité pour dépendance à la technologie et dysmorphophobie (la peur d’être laid).

Le culte de la perfection physique véhiculé par la sphère technologique (TV, films, séries, réseaux sociaux, pubs…) peut donc avoir une puissante influence sur certaines personnes, notamment sur les jeunes en quête d’identité, qui peuvent en faire une obsession maladive.

50% d’enfants hyperactifs en plus en 10 ans

Aux États-Unis, le nombre d’enfants qui ont été diagnostiqués d’un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) a augmenté de 50% en 10 ans, une augmentation impressionnante qui serait due, selon les experts, à la présence trop importante du numérique dans le quotidien des petits Américains.

Les nouvelles technologies sont chronophages, elles prennent du temps. […] Elles ont un potentiel de captation de l’attention. Même s’il est communément admis dans le milieu médical que l’utilisation du numérique a un impact certain sur notre capacité d’attention, aucun lien concret n’a pu encore être établi avec l’augmentation des troubles de l’attention.

Pourtant, en France, une règle d’or établie par des psychologues fait le buzz sur la toile, elle concerne les enfants et les écrans : c’est la règle du 3, 6, 9, 12.

Les nouvelles technologies peuvent nous rendre addict

Aujourd’hui, si on dit “je suis accro à cette série”, cela ne veut pas dire que l’on est “malade” d’une addiction, mais qu’on y passe probablement trop de temps à notre goût. Toutefois, on arrive à garder nos priorités, la série passe en dernier après les tâches importantes, comme une récompense.

C’est le terme “addict’ qui correspond au champ médical de l’addiction. Elle correspond aux personnes qui n’arrivent plus à organiser leur temps pour faire passer leurs activités ou leurs obligations avant leur addiction numérique ou technologique (réseaux sociaux, jeux vidéos, porno…). Cette addiction affecte leur vie dans leurs relations sociales, familiales, amicales ou amoureuses.

Elles nous rendent anxieux et hypocondriaques

L’anxiété et l’hypocondrie (anxiété excessive concernant la santé) est une autre conséquence de l’utilisation excessive des technologies numériques. Les troubles somatoformes, que l’on appelait auparavant troubles hypocondriaques, sont de plus en plus fréquents.

On a tendance à devenir notre propre médecin et à taper nos symptômes sur Google pour tenter de s’auto-diagnostiquer. Mais le danger, c’est de ne pas consulter un médecin si le trouble, le maux ou la maladie dure dans le temps, cela pourrait avoir de graves conséquences pour votre santé.

Concernant l’anxiété, les spécialistes de la santé ont identifié de nouvelles pathologies telles que la “nomophobie”, la peur de se retrouver sans son téléphone portable ou la “fear of missing out”, “fomo”la peur de passer à côté de quelque chose, dans les médias par exemple. Mais ont encore été découverts le “zombiquisme”, l’incapacité à communiquer avec des gens qui ne sont pas à distance, ou encore la “zappite”, l’ennui provoqué par l’absence de stimuli.

Tout comme les jeux vidéos, ces outils et technologies numériques ne font que cacher des pathologies qui ont toujours existé, telles que la solitude, l’auto-enfermement, la phobie sociale. La personne cherche à fuir le monde et à se fuir elle-même.

Le numérique pour se soigner ?

De façon contradictoire, le milieu médical a de plus en plus recours à des outils numériques pour soigner certaines maladies mentales comme l’addiction, la schizophrénie, les troubles de l’humeur ou l’anxiété. Par exemple, en collectant des données sur le malade, les technologies mobiles permettent de suivre l’évolution de son état de santé et de lui proposer un traitement adapté.

Parfois, des exercices de réalité virtuelle sont proposés aux patients atteints de certains types d’anxiété comme l’acrophobie, la peur de la hauteur, la claustrophobie ou les troubles de stress post-traumatiques. La réalité virtuelle aide à désensibiliser les patients en les habituant à affronter l’objet de leur peur.

Enfin, il ne faut pas négliger le fait qu‘Internet a été très utile pour rassembler des gens autour d’un même problème les concernant, qu’il s’agisse de troubles rares et particuliers ou des problèmes de la vie quotidienne. Ils peuvent désormais se regrouper au sein de communautés en ligne, de forums pour en discuter, s’échanger des conseils, des remèdes, de bonnes adresses, mais aussi pour se réconforter.

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