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Dysmorphophobie : pourquoi un défaut physique peut empêcher de vivre ?

© Tinatin1 / iStock
Dysmorphophobie : pourquoi un défaut physique peut empêcher de vivre ?
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Ce trouble peu connu du grand public touche, selon les études, environ 2% de la population mondiale. Il se caractérise par une obsession pour un défaut physique léger, souvent la forme du nez, le grain de peau ou la symétrie du corps imparfaite. On peut donc classer la dysmorphophobie dans les troubles obsessionnels compulsifs (TOC).

Certaines stars évoquent leur dysmorphophobie sur les réseaux sociaux depuis quelques mois (la chanteuse Natalie Imbruglia déclarait en 2015 avoir souffert de ce trouble, par exemple). Pourtant, cette préoccupation excessive pour un défaut imaginaire ou léger peut mener à de graves conséquences, comme à un isolement social et professionnel, ou des idées noires.

Qu’est-ce que la dysmorphophobie ?

La dysmorphophobie se définit comme un trouble de l’image de soi, de relation à son propre corps. Cette maladie peut être apparentée avec les TOC et l’anorexie mentale. Il s’agit fondamentalement d’une pathologie psychique caractérisée par une honte, une angoisse – pouvant aller jusqu’à la phobie – associée à une déformation corporelle réelle ou supposée (on parle de dysmorphie). Elle se caractérise par des délires paranoïaques sur des terrains psychotiques et névrotiques sévères.
Ce TOC n’est pas toujours lié au poids, mais relève souvent d’un complexe sur la tête et le visage.

Si la société connaît mal cette maladie, les médecins aussi. Il semblerait d’ailleurs que les malades eux-mêmes n’ont pas toujours conscients d’être obnubilés par un défaut physique qui en devient une véritable obsession. Pourtant certains passeraient entre 3 et 8 heures par jour à penser à cette imperfection.

Comment se traduit-elle ?

Chez la femme, toutes les régions du corps peuvent être la cible de ce syndrome obsessionnel : les jambes, les yeux, le visage, les seins, la peau…
Chez l’homme, les zones corporelles faisant l’objet de dysmorphophobie sont en revanche bien plus restreintes : le sexe (trop petit…) et la musculature (trop frêle…).

Les personnes concernées par la dysmorphophobie observent de nombreux rituels :

  • Elles se regardent sans cesse dans le miroir ;
  • Elles se surveillent en permanence ;
  • Elles se touchent très souvent les parties du corps jugées comme imparfaites ;
  • Elles cherchent à être rassurées par leur entourage.

Certains malades envisagent de recourir à la chirurgie esthétique pour effacer le ou les défauts trop présents. Ce qui, bien sûr, ne règle absolument pas le problème psychologique sous-jacent.

Comment expliquer le déclenchement de cette maladie ?

Les causes précises de ce trouble sont encore mal connues. Toutefois, les adolescents se révèlent comme personnes à risque – surtout les filles. Si elles ont fait l’objet de moqueries sur le physique pendant l’enfance ou au moment de la puberté, elles auront davantage de chance de développer une phobie. Fort heureusement, ces complexes disparaissent avec la découverte de la sexualité.

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© Pixabay

Quels sont les symptômes de la dysmorphophobie ?

Les dysmorphophobes vont tenter de cacher leur défaut par tous les moyens : vêtements amples, maquillage, voire rester cloîtrer chez eux pour ne pas subir le regard des autres vis-à-vis de leur complexe physique. Parfois, la dysmorphophobie peut entraîner des phobies sociales qui marginalisent la vie affective, sexuelle, et même professionnelle du patient.

Quelles en sont les conséquences ?

Les conséquences de la dysmorphophobie peuvent donc être dramatiques, notamment au niveau social, car pouvant se traduire par un repli social et des difficultés à avoir des relations stables. En effet, 70 % des malades vivent seuls.
Ce repli sur soi peut en outre impacter l’environnement professionnel. D’ailleurs, plus de 60% des personnes touchées par cette maladie ne travaillent pas.

Enfin, les dépressions ne sont pas rares : 70% des patients dysmorphophobiques ont des idées suicidaires et 20 % d’entre eux ont connu des tentatives de suicide. Certains cas donnent même lieu à des hospitalisations prolongées en milieu psychiatrique.

Quelle prise en charge à envisager ?

Une thérapie cognitive et comportementale doit être mise en place avec les personnes souffrant de dysmorphophobie. Cette démarche est basée sur la remise en question des croyances sur l’apparence physique parfaite et le regard des autres. Par exemple, une jeune fille préoccupée par son ventre, peut être confrontée à quelques personnes, et compter combien regardent réellement son ventre.

À noter que cette prise en charge psychiatrique est souvent couplée à un traitement médicamenteux.

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