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Le Dr Dominique Joubert-Floch révolutionne la lutte contre le cancer

Crédits : Dominique-Joubert-Floch-cancerread - ECS Screening
Le Dr Dominique Joubert-Floch révolutionne la lutte contre le cancer
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Une personne sur deux née à partir de 1960 sera confrontée au cancer dans sa vie selon une étude parue dans le British Journal of Cancer en 2015. Aujourd’hui, la médecine parvient à guérir de plus en plus de patients mais le dépistage du cancer est souvent trop tardif. Dominique Joubert-Floch, chercheuse française en biologie, et son équipe, s’apprêtent à révolutionner le dépistage et le traitement du cancer. Ils ont mis au point un nouveau test qui permet de détecter dans le sang un nouveau biomarqueur multi cancers, présent dans le sang dès les tout premiers stades de l’évolution de la maladie et ce de manière extrêmement fiable : le test cancerREAD (anciennement projet Decode Lab).

Une chercheuse qui va entrer dans l’Histoire de la Médecine

Dominique Joubert-Floch a un parcours universitaire et professionnel solide. Thésarde à l’université des Sciences de Rennes, elle est recrutée chercheur à l’Inserm et travaille à la Pitié-Salpétrière puis au Centre CNRS – Inserm de Pharmacologie Endocrinologie à Montpellier à partir de 1991. Elle crée ensuite le département d’Oncologie au sein du nouvel Institut de Génomique Fonctionnelle dirigé par Joël Bockaert. Depuis, elle travaille avec son équipe sur l’analyse des voies de signalisation dans la cellule tumorale, notamment sur la progastrine et ses liens avec le cancer.

En 2003, les bases d’une découverte qui vont la mener à la création d’une entreprise de biotechnologie sont posées. BioRéalités née en 2007, avec le soutien de solides partenaires et de son mari Jean-François Floch. A partir de cette date, elle assume à la fois son rôle de directeur du département d’Oncologie et la direction scientifique de l’entreprise. Elle quitte la fonction publique et son poste de directeur de recherche Inserm en 2011 pour se consacrer au développement d’une nouvelle thérapie contre le cancer et d’un test de dépistage précoce du cancer.

Les travaux de Dominique Joubert-Floch ont porté essentiellement sur trois cancers : les tumeurs de l’hypophyse, le cancer colorectal et le gliome. Aujourd’hui, elle est co-inventeur d’une dizaine de brevets portant essentiellement sur la progastrine, sa neutralisation ou sa détection.

Crédits : Dominique Joubert-Floch – cancerRead-Ecs-screening

Après de longues années de recherches, l’équipe de Dominique Joubert-Floch a identifié la progastrine comme un nouveau biomarqueur multi-cancer, ce qui leur a permis de développer et d’industrialiser cancerREAD, un test sanguin permettant la détection de la progastrine. Ce test sera une aide pour le dépistage précoce des cancers, la confirmation des tests de dépistage actuels (mammographie, PSA, sang dans les selles), et le suivi des traitements.

La progastrine n’est pas présente chez les personnes qui n’ont pas de cancer. En physiologie, la progastrine est une pro-hormone responsable de la production de gastrine produite dans les cellules G de l’antre de l’estomac. Le test développé par la chercheuse permet de doser la progastrine dans le sang, ceci devant signer la présence de cellules tumorales dans l’organisme.

Dominique Joubert Floch et son équipe espèrent bientôt révolutionner le dépistage du cancer grâce à leur invention, le premier test sanguin d’aide au dépistage des cancers à un stade précoce.

Pourquoi cancerREAD peut-il sauver des millions de personnes ?

Aujourd’hui, les tests de dépistage présentent des difficultés pour détecter plusieurs types de cancers et sont peu efficaces pour repérer des tumeurs de stade précoce. CancerREAD va changer la donne car il permettra de détecter de nombreux cancers avant l’apparition des symptômes et pourra favoriser la réduction du risque de mortalité par cancer à l’échelle mondiale.

A ce jour, la chercheuse et son équipe ont analysé la présence de progastrine dans le sang de patients pour 15 types de cancers. La progastrine est toujours présente, ce qui leur permet de la considérer comme un biomarqueur de cancer pouvant servir au suivi de traitements et pour la détection précoce de cancers.

Les entreprises en charge de ces deux projets sont Progastrine et Cancers pour la thérapie et ECS-Screening pour le test de détection de la progastrine dans le sang des patients. C’est donc la société ECS-Screening qui développe et commercialise le test cancerREAD.

Comment fonctionne ce test innovant de dépistage du cancer ?

Crédits : ECS Screening

Aux premiers stades de développement du cancer, il y a une forte activation de la voie oncogénique Wnt. Cette activation incontrôlée de la voie Wint est vitale pour que les cellules cancéreuses se développent et survivent. Cela aboutit à l’expression de plusieurs gênes et parmi eux, le gène codant la progastrine. La progastrine va alors servir à deux choses : d’une part, comme elle est secrétée, elle peut être neutralisée par un anticorps et ses effets sur la tumeur seront bloqués. Elle devient donc une cible thérapeutique. Et d’autre part, étant donné qu’elle s’accumule dans le sang, elle devient un biomarqueur de cancer car dans un organisme sain, elle ne sort pas de la cellule, elle est “maturée” en gastrine, d’où son nom progastrine.

Fiable, simple, reproductible, économique et efficace pour plusieurs cancers, cancerREAD est basé sur la technique ELISA, le test le plus fiable et le plus couramment utilisé pour détecter des biomarqueurs dans le sang. C’est aussi un nouvel outil de suivi des traitements qui aidera à objectiver une stratégie thérapeutique en détectant la progression ou la récidive d’un cancer.

“Dans l’expérience de dosage de la progastrine dans le sang de patients ayant un cancer colorectal, nous avions une série de contrôle provenant de la population asymptomatique, mais aussi une série de prélèvements provenant de patients ayant un cancer autre que colorectal (sein, foie, ovaires, utérus…). Et c’est là que nous avons découvert la présence de progastrine dans le sang de patients ayant un cancer autre que colorectal. Ceci n’était absolument pas connu. La voie Wnt/beta-caténine-Tcf4 est activée dans de nombreux cancers et indispensable à la tumorigénèse en général, cela explique cette découverte”, explique la chercheuse en biologie, Dominique Joubert Floch.

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