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Maladies cardiovasculaires : la détresse psychologique en cause

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Maladies cardiovasculaires : la détresse psychologique en cause
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Les maladies cardiovasculaires, comme les AVC ou les infarctus du myocarde, pourraient être favorisées par la détresse psychologique. C’est du moins ce que défend une récente étude parue dans le journal scientifique AhaJournals, et baptisée Circulation : Cardiovascular quality and outcomes.
Si le lien entre la santé mentale et la santé physique est encore compliqué à expliquer et à explorer, de plus en plus d’organisations de spécialistes de la santé tombent d’accord : le corps et l’esprit sont en étroite relation. 

Une étude à grande échelle 

Afin d’avoir des résultats fiables pour ses recherches, l’équipe du docteur Caroline A. Jackson a étudié 221 677 cas de patients Australiens ayant souffert d’une des deux plus importantes pathologies cardiovasculaires (MCV) :

  • un accident vasculaire cérébral (ou AVC) : qui se caractérise par une défaillance de la circulation sanguine qui affecte le cerveau, à la suite de l’obstruction ou de la rupture d’un vaisseau sanguin dans le cerveau. Les cellules nerveuses alors privées d’oxygène meurent rapidement ;
  • un infarctus du myocarde : qui se traduit par une obstruction d’une artère alimentant le cœur en sang et en oxygène conduisant à la destruction partielle ou totale du muscle cardiaque.

Le but de cette recherche fut de mettre en évidence un lien potentiel pouvant exister entre les accidents vasculaires cérébraux et la détresse psychique d’une part ; et les infarctus du myocarde et la détresse psychique d’autre part.
Des hommes et des femmes, à part égale, ont participé à l’étude.

La détresse psychologique étudiée

Afin d’observer un lien entre des maladies somatiques – du corps – et des maladies psychiques, la détresse psychologique a dû être définie. Pour la déterminer, les chercheurs ont proposé un questionnaire aux participants. Puis, ont créé quatre catégories : 

  1. La détresse faible ; 
  2. La détresse modérée ;
  3. La détresse élevée ; 
  4. La détresse très élevée.

Ces catégories furent ensuite croisées avec les taux de maladies cardiovasculaires des participants.
La dépression ou l’anxiété sont des détresses psychologiques qu’il ne faut pas prendre à la légère. Leurs impacts sur la vie sont importants. 

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Un lien corps/esprit à ne pas négliger : des résultats qui le prouvent 

Les résultats sont sans appel 

D’après les chercheurs, les résultats sont sans appel : la détresse psychologique et les maladies cardiovasculaires sont liées.
Pour les hommes, la détresse psychique élevée et très élevée augmente de 24 % le risque d’accidents vasculaires cérébraux. Le risque d’infarctus du myocarde augmente lui de 30 %.
Du côté des femmes, une détresse psychologique importante augmenterait de 44 % le risque d’AVC et de 18 % le risque d’infarctus. 

Ces résultats sont fiables pour 95 % des cas.

Une étude avec des lacunes compensées

Malgré l’apport important de cette étude, quelques lacunes ont été notées par les chercheurs.
Leur échantillon – les participants – n’est peut-être pas extrêmement représentatif de la population mondiale du point de vue géographique, socio-économique, ou encore par rapport à leur style de vie.

Un autre point non négligeable tient dans la classification des maladies. Pour faire leur étude, les chercheurs se sont basés sur des données fournies par les hôpitaux. Ces données-là peuvent contenir des erreurs, comme des erreurs de diagnostic par exemple. Toutefois, les résultats sont clairs et fiables. Il est alors possible d’établir une généralité : le lien positif et important existe entre le corps et l’esprit.

Il semble, enfin, important de noter la nécessité du dépistage des maladies cardiovasculaires chez les patients en souffrance psychique. 

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