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Qu’est-ce que le syndrome du bébé secoué ?

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Qu’est-ce que le syndrome du bébé secoué ?
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Chaque année, une centaine de bébés meurent après avoir été secoués par l’un de leur parents ou une personne de leur entourage. Secouer un bébé peut causer des lésions cérébrales importantes et lui être fatal, c’est ce qu’on appelle le syndrome du bébé secoué. Ce sont les enfants de moins d’un an qui sont les plus touchés par cette violence.

Les conséquences du syndrome du bébé secoué

Lorsqu’un bébé est secoué, même si le crâne ne reçoit aucun choc, des lésions cérébrales peuvent survenir, c’est ce qu’on appelle un traumatisme crânien. Etant donné que les nourrissons et les jeunes enfants ont une tête relativement lourde par rapport à leur corps, que leur cou est faiblement musclé, et que leur cerveau est encore en développement, ils sont donc plus fragiles physiquement.

A cause des secousses, la tête du bébé se balance et son cerveau heurte les parois de son crâne, ce qui peut entraîner la rupture de vaisseaux sanguins dans le cerveau et causer d’autres blessures :

  • un écrasement du tissu cérébral contre la boîte crânienne à chaque secousse, entraînant des contusions et une hémorragie cérébrale interne,
  • un phénomène de cisaillement du tissu cérébral, causant des déchirements.

Surtout pour les enfants de moins d’un an, les conséquences de ces traumatismes peuvent être très graves et inclure des séquelles neurologiques permanentes, voire la mort.

En France, chaque année, ce sont au moins 180 à 200 enfants qui seraient victimes de maltraitance, même si ce chiffre est certainement sous-évalué en raison :

  • d’une absence de dépistage
  • d’une sous-déclaration du syndrome du bébé secoué.

Si les moins d’un an sont les plus fragiles, aucun enfant ne doit être secoué ou violenté, quels que soient son âge et la situationLes nourrissons victimes du syndrome du bébé secoué ont un comportement inhabituel, caractérisé par un ou plusieurs symptômes. 

Les signes du syndrome du bébé secoué

Soyez vigilants, voici les signes à reconnaître chez votre enfant en cas de syndrome du bébé secoué :

  • somnolence inhabituelle, troubles de la conscience ou extrême irritabilité (pleurs)
  • refus de manger ou peu, vomissements sans raison, plus rarement : rejet de sang (si lésions)
  • moins de sourires ou de babillements que d’habitude
  • incapacité à suivre un mouvement des yeux
  • rigidité du corps, mouvements anormaux ou convulsions (bras et jambes qui se raidissent et bougent de façon incontrôlable)
  • difficulté à respirerpauses respiratoires.

Si vous remarquez l’un de ces signes, contactez les secours médicaux d’urgence. Composez le 15 depuis un fixe ou le 112 depuis un mobile. Il faut à votre enfant un diagnostic et des soins précoces pour éliminer les risques de séquelles neurologiques graves en cas de traumatisme.
En attendant les secours, si votre bébé convulse (tremble) ou s’il vomit, placez-le sur le côté, en position latérale de sécurité. Dans cette position, la salive, les rejets de sang ou les vomissements s’écoulent par la bouche, ce qui limite le risque d’étouffement.

Au téléphone avec les urgences, soyez calme, clair, donnez votre nom et votre adresse puis décrivez l’âge et l’état de votre enfant. Détaillez les signes qui vous ont donné l’alerte le plus précisément possible. Ne raccrochez pas avant que votre interlocuteur ne vous le demande.

Les séquelles des enfants victimes du syndrome du bébé secoué

Les bébés qui ont été secoués peuvent subir des lésions cérébrales qui peuvent entraîner plusieurs formes de troubles ou d’invalidité, souvent permanents comme :

  • le retard du développement psychomoteur
  • des troubles du comportement
  • des convulsions
  • une paralysie
  • la cécité

Ces troubles ou handicaps peuvent survenir bien après le secouement de l’enfant et le suivre toute sa vie. Des soins spécifiques sont alors généralement nécessaires (éducation spécialisée, kinésithérapie, orthophonie, etc.).

Un bébé en bonne santé peut pleurer 2 à 3 heures par jour pour diverses raisons : faim, couche humide, position inconfortable, froid, ennui, fatigue, etc.

Même si vous êtes très énervé(e) et que vous n’avez pas dormi depuis trois jours, NE SECOUEZ JAMAIS VOTRE ENFANT.

Informez les personnes qui gardent votre enfant qu’ils n’ont pas le droit de le secouer ou de le violenter et expliquez-leur les problèmes graves qui peuvent découler du syndrome du bébé secoué.

Enfin, si vous sentez très fatiguée et que vous avez peur de secouer votre enfant, appelez le 119, des professionnels vous écouteront et vous aideront.

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