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Des plats à base de viande qui n’ont presque pas de viande

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Des plats à base de viande qui n’ont presque pas de viande
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Le CLCV (Consommation Logement Cadre de vie) a publié fin novembre les résultats de son investigation sur les produits à base de viande. L’association a étudié 156 plats à base de viande allant des lasagnes aux raviolis, en passant par les hachis parmentier et les cannellonis, et d’autres plats à base de viande. Ces plats sons souvent vendus en grandes quantités, dans des supermarchés où l’offre explose, sous des noms qui indiquent “pur bœuf” ou “bœuf BIO”. Mais, le CLCV révèle une tout autre vérité : les plats à base de viande contiennent souvent peu de viandes et beaucoup d’autres produits. 

Où est la viande ?

Des plats à base de viande et pourtant celle-ci est difficile à trouver. Voilà en tout cas les résultats de l’association pour les consommateurs, le CLCV. Différents types de plats ont été décortiqués :

  • Lasagnes ;
  • Ravioli ;
  • Hachis parmentier ;
  • Cannelloni ;
  • Moussaka ;
  • Pâtes à base de viande.

Malgré les problèmes pour déterminer la quantité de viande dans chaque plat, l’association à pu déterminer que les hachis parmentier étaient ceux qui comportaient le plus de viande, près de 20 % en moyenne. Si l’on compare aux raviolis préparés, les chiffres ont de quoi choquer : près de 60 % des raviolis testés présentent moins de 8 % de viandes. Pour le reste, un tiers des raviolis testés comportaient environ 15 % de viande. Notons que certaines boîtes avec la mention “pur bœuf” ne contiennent que 4 % de viande.
Dans les lasagnes testées, seuls deux présentent des taux de viande supérieurs à 20 %. Pour le reste, les lasagnes comportent environ 13% de viande.

pâtes italiennes sauce tomate et fromage
© iStock

Ces produits vendus comme comportant de la viande de boeuf, peuvent-ils vraiment prétendre encore se dénommer ainsi ? C’est la question que pose le collectif CLCV aux consommateurs et aux producteurs de ces produits.

Les constats de l’enquête

Plusieurs éléments viennent interpeller les membres de l’association à l’origine de l’enquête.

Lors de l’achat d’un produit, nous avons tendance à faire confiance aux mentions “BIO”. Pourtant, la recherche du CLCV révèle que cette mention n’est pas un gage suffisant. En effet, surtout du côté des raviolis, les produits bio se vendent deux fois plus cher que leurs homologues non-bio, pourtant ils ne présentent pas plus de viande (et même souvent mois). Le prix n’est d’ailleurs pas un bon critère à suivre. Les produits les plus chers que l’on peut trouver en magasin ne sont pas forcément ceux avec le plus de viande.

Il faut également savoir que, par décret, les produits comportant au moins 8 % de viande doivent indiquer leurs provenances. La plupart (133) des 156 plats testés comportaient du bœuf d’origine française. Toutefois, certains produits ne nomment pas l’origine de la viande. Cela a donc rendu l’analyse de l’association compliquée et la crédibilité de la marque en prend un coup.

Enfin, il faut noter que les produits testés ont le plus souvent d’autres produits ajoutés. En effet, l’on retrouve notamment des arômes dans 75 % des produits testés, et comme l’indique le CLCV “souvent, ils ne sont même pas identifiés et sont simplement précisés avec les mentions « arômes  naturels » ou « arômes ».”

Aussi, 88 % des plats présentent des agents texturants comme des gélifiants, des émulsifiants et bien d’autres. Ces produits sont incorporés aux plats pour leur apporter une stabilité, et texture agréable. Notons tout de même que ces produits-ci, que des pâtes ou des pommes de terre peuvent remplacer, ne sont pas forcément identifiés sur les étiquettes.

Enfin, sur l’ensemble de 156 produits, seuls « 3 plats de lasagnes, 2 de raviolis et 1 de hachis parmentier n’ont aucun agent texturant, arôme ou autre additif » indique le collectif. Dans ces différents éléments ajoutés, certains sont également controversés comme les mono et diglycérides d’acides gras, suspectés de perturber la flore intestinale et de jouer un rôle dans les inflammations de l’intestin.

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©RitaE Pixabay

Pour finir

Il faut donc se demander pourquoi tous ces produits ne présentent que si peu de viande et tant d’autres produisent. Par souci d’économie ? Par souci de rapidité ? Pourquoi les industriels tombent-ils dans le jeu des additifs pourtant mauvais pour la santé ?
À la suite de cette enquête, l’association pour les consommateurs demande une prise de conscience des industries agroalimentaires. Une meilleure qualité de produits (plus de viandes notamment, ainsi que de meilleurs apports nutritionnels), une traçabilité et une lecture plus claire des ingrédients. Toutefois, une prise de conscience de la part des acheteurs est nécessaire. La fabrication maison de plats doit de nouveau remplacer celle des plats préparés.

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