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La monogamie, résultat du développement des MST ou influence religieuse ?

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© Adamkontor - Piaxabay
La monogamie, résultat du développement des MST ou influence religieuse ?
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D’après une étude publiée dans Nature Communications, le développement des maladies sexuellement transmissibles (MST) pourrait être à l’origine de l’émergence de la monogamie dans nos sociétés. 

On a longtemps pensé que la monogamie avait été instaurée dans l’ordre social par choix moral ou à cause de l’influence de religions comme le Christianisme. Pourtant, l’émergence de cette norme sociale encore largement acceptée aujourd’hui serait due au développement des infections et des maladies sexuellement transmissibles (IST/MST) et à l’agrandissement de la population mondiale.

“Notre étude montre que les IST se développent différemment selon la taille des groupes humains et selon qu’ils sont polygames ou monogames”, a expliqué Chris Bauch, chercheur à l’Université de Waterloo au Canada, à l’Agence France Presse (Sciences et Avenir).

D’après les chercheurs co-auteurs de cette étude, les petites sociétés de chasseurs-cueilleurs pratiquaient la polygamie, mais plus les sociétés se sont agrandies, développées et sédentarisées, plus la monogamie est devenue la norme sociale dominante. Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs se sont basés sur des données démographiques et épidémiologiques (IST) relatives aux chasseurs-cueilleurs. Ainsi, Chris Bauch et son équipe ont pu modélisé l’évolution des deux normes sociales.

Ils ont pu mettre en évidence un seuil de population à partir duquel celle-ci semble préférer adopter la norme de la monogamie. Quand une société commence à se développer (environ 300 personnes), la prévalence des IST devient trop importante dans la population et le taux de fécondité baisse, ce qui l’amène à pratiquer la monogamie. Le mode de vie polygame est alors stigmatisé et la société peut punir ses membres qui ne s’y conforment pas. Les femmes ont souvent été les victimes les plus nombreuses de cette stigmatisation, l’Eglise étant dirigée par des Hommes (encore aujoud’hui…)

Chez les Saxons et ailleurs en Europe, au Moyen-Age, la femme infidèle est brûlée. Au Vème siècle avant J.C, dans la Grèce Antique, le couple qui avait commis une infidélité était puni ainsi que toute personne ayant été avisée de cette relation adultère sans en avoir parlé. Le complice pouvait être puni de mort, fustigé ou subir une mutilation des organes sexuels. En France, l’abolition des peines de tortures pour infidélité date de la Révolution Française en 1789 ! C’est seulement depuis 1975 que l’infidélité n’est plus considérée comme une faute pénale dans notre pays.

Pour revenir à notre étude, les chercheurs ont établi qu’au sein d’un petit groupe de personnes (maximum 30), les épidémies d’IST sont de courte durée et ne deviennent pas endémiques,  n’influant pas sur le taux de fécondité qui reste élevé. La polygamie peut alors rester la norme sociale dominante.

“Cette étude montre comment des événements naturels, telle que la propagation des maladies contagieuses, peuvent fortement influencer le développement de normes sociales et nos jugements”, a expliqué Chris Bauch. Toutefois, il ne pense pas que le fait d’éradiquer les IST nous permettrait de revenir à un mode de vie polygame car d’autres facteurs peuvent pousser la société à imposer la monogamie.

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