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Alimentation : un facteur prédictif de schizophrénie ?

© ChrisChrisW
Alimentation : un facteur prédictif de schizophrénie ?
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La façon de s’alimenter serait-elle en lien avec des problèmes de santé mentale ? C’est le point de départ d’une recherche britannique publié sur JAMA le 11 janvier 2019. Ces chercheurs auraient découvert une correspondance entre les habitudes alimentaires et le début de la schizophrénie.

Nourriture et maladie mentale

Déroulement de l’étude

L’étude s’est déroulée à Londres sur plusieurs années, du 31 janvier 2015 au 30 septembre 2018. En tout, 57 sujets ont participé à l’enquête :

  • 29 patients ayant vécu un épisode psychotique (délires, hallucinations, etc.) mais qui ne suivent pas de traitements psychotiques ;
  • 28 témoins qui ne sont pas atteints d’une psychose ou d’un autre trouble.

Comme le rappellent les chercheurs, la « schizophrénie est associée à une espérance de vie réduite de 15 à 20 ». Cela s’explique notamment par le fait que ces patients soient souvent atteints par des maladies cardiométaboliques (infarctus, insuffisance cardiaque, etsc.). Ces maladies sont notamment précipitées par l’obésité qui est très fréquente chez les patients psychotiques.
Une étude de janvier 2018 révèle que les antipsychotiques sont fortement en cause dans l’obésité chez ces patients. Ces médicaments provoquent une modification dans leurs cerveaux et agit sur le système de traitement des récompenses lié à la nourriture.

Les chercheurs ont donc voulu étudier cet attrait pour la nourriture chez des patients souffrants de schizophrénie, sans qu’ils soient sous traitement.

Des résultats étonnants

Les chercheurs ont découvert au terme de leur étude que les patients atteints de schizophrénie avaient consommé plus de graisses saturées que les témoins. Ce sont ces graisses qui sont souvent en cause dans l’obésité. Elles provoquent notamment une augmentation majeure du taux de mauvais cholestérol (LDL cholestérol) qui contribue à l’apparition de maladies cardiovasculaires.
L’étude montre aussi que les schémas alimentaires sont mal adaptés dès l’apparition de la maladie. La prise d’un antipsychotique par la suite ne fera qu’aggraver encore plus cette condition.

L’alimentation constitue alors un élément central de la schizophrénie, autant dans son apparition que dans son évolution. Les patients commencent très vite à vivre une modification de leurs conduites alimentaires et, contrairement à ce que laissaient penser les études antérieures, tout cela n’est pas uniquement dû au traitement pharmacologique.

La schizophrénie : qu’est-ce que c’est ?

La schizophrénie – ou plutôt les schizophrénies au vu de ses multiples formes – est un trouble mental qui affecte les perceptions, les pensées, les émotions. Son impact sur la vie quotidienne est majeur et implique régulièrement une hospitalisation ou un accompagnement de tous les jours.
Un patient atteint de schizophrénie peut avoir un comportement normal sur une longue période. À la suite d’un choc émotionnel, ou d’un événement vécu comme tel, il vivra un épisode psychotique, souvent traduit par des délires tels que :

  • Érotomanie : le patient à le sentiment d’être aimé passionnément d’une personne ;
  • Mégalomanie : le patient se sent tout-puissant ;
  • Persécution : le patient est au cœur d’un complot, il en est la cible ;
  • Jalousie : le patient est persuadé que son conjoint est infidèle ;
  • Somatique : les délires du patient sont centrés sur des fonctions ou sensations corporelles.

Comme l’indique la Société québécoise de la schizophrénie, les symptômes les plus fréquents sont :

  • Difficulté à communiquer (alogie) ;
  • Difficulté à ressentir du plaisir (anhédonie) ;
  • Manque d’énergie et de motivation (aboulie) ;
  • Pauvreté de la pensée ;
  • Retrait social (isolement) ;
  • Diminution dans l’expression des émotions (affect émoussé).

Bien que cette maladie n’affecte pas l’intelligence, les troubles cognitifs sont nombreux. L’attention, la communication, l’apprentissage, la mémoire peuvent être profondément altérés à la suite d’un épisode psychotique.

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