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Le vrai du faux de la masturbation

© GeorgeRudy / iStock

Les idées reçues sur la masturbation continuent d’être véhiculées : elle rendrait sourd ou signifierait que celui qui la pratique ne serait pas satisfait de la relation avec son partenaire. Est-il vrai que les bébés se tripotent ? Ou que les filles ne la pratiquent pas ? Docteur Tamalou démêle le vrai du faux sur la masturbation.

1. La masturbation est une pratique contre-nature

FAUX. Il est nécessaire de le répéter puisque certains pensent encore que le plaisir solo est tabou et surtout contre-nature. Durant de longues décennies, on considérait, notamment dans la religion chrétienne, que toutes pratiques qui ne visaient pas la procréation étaient à bannir. Sauf que l’auto-sexualité est présente (presque) chez tous les mammifères. D’ailleurs, les chiens et les chats pratiquent la masturbation avec leur langue.

Selon la dernière enquête CSF (Contexte de la sexualité en France), 90 % des hommes et 60 % des femmes de 18 à 69 ans y auraient recours régulièrement. Il s’agit donc bien d’une pratique aussi “normale” qu’une autre.

2. En couple, il n’est pas normal de se masturber

FAUX. Se masturber en présence de son/sa partenaire fait partie des jeux érotiques qui se répandent. L’arrivée massive des sextoys a, dans le même temps, démocratisé la pratique.
La masturbation permet en outre de résoudre le décalage s’il y a entre les deux partenaires si l’un est davantage demandeur que l’autre.

Toujours selon l’enquête menée par le CSF, les femmes se masturbent essentiellement entre 25 et 50 ans, tandis que la majorité des hommes la pratiquent régulièrement jusqu’à la quarantaine. Les répondants indiquent y avoir recours, car il s’agit d’un plaisir simple, sans contrainte émotionnelle, qui ne nécessite pas de négocier ni de faire attention à l’autre.

Attention toutefois, certaines personnes en couple vivent mal que l’autre pratique la masturbation. Dans ce cas, consultez un spécialiste qui vous aidera à comprendre d’où vient cette gêne et comment y remédier.

3. Il s’agit d’une conduite adolescente

FAUX. Freud est en partie responsable de cette idée reçue. En effet, au XXe siècle, il pensait que la jouissance de la femme devait venir uniquement du va-et-vient du pénis dans son vagin. Toute autre pratique relevait de conduites juvéniles.

Bien évidemment, la masturbation est une pratique réalisée à tout âge et aide les célibataires à maintenir une sexualité.

4. Les hommes qui regardent les sites pornos se masturbent

homme testicules
Crédits : Derneuemann – Pixabay

VRAI. Lorsqu’un homme regarde un film ou des magazines pornographiques, il le fait pour être excité sexuellement par ces images. Il s’adonne donc aux pratiques de plaisir solo.

5. Les plaisirs solitaires sont plus tardifs chez les filles

VRAI. La masturbation survient généralement plus tôt chez les garçons, qui s’explique par le fait que leur pénis est un organe externe, omniprésent. Les filles ressentent des sensations sexuelles floues, les caresses s’avèrent moins naturelles. La moitié d’entre elles ne se serait jamais masturbée avant de rencontrer un partenaire.

Néanmoins, les professionnels de la sexualité encouragent ces pratiques : elles contribuent au développement sensuel et préparent au partage avec son/sa partenaire lors de rapports sexuels.

plaisir sexuel masturbation
Crédits : Unsplash – Pixabay

6. L’orgasme masturbatoire est plus fort que l’orgasme coïtal

FAUX. Si certains affirment que le plaisir solo n’a rien de meilleur, la plupart des autres prétendent que le partage à deux est bien plus intense. La réponse au débat n’existe, bien entendu, pas. En revanche, ce qui est certain, c’est que l’immense majorité des femmes atteint plus rapidement l’orgasme en se masturbant. Mais cela n’a rien à voir avec son intensité.

7. Les bébés se tripotent dès l’âge de 2 mois

VRAI ET FAUX. Sur les échographies, on peut voir des bébés mettre leurs petites mains sur leur sexe. Si certains y voient une forme de masturbation, les médecins interprètent ce geste comme une stimulation des zones agréables. En somme, le bébé explore son corps, plus qu’il ne se tripote.

En outre, vers 10 ou 12 ans, avant l’entrée dans la puberté, l’enfant intensifiera cette exploration dans le but conscient de découvrir sa sexualité et de reproduire ces moments agréables.

8. Je dois parler à mon enfant si je le surprends

VRAI ET FAUX. Selon l’âge de l’enfant, les discours à tenir sont différents : s’il s’agit d’un jeune enfant qui s’y adonne dans le salon, vous devez lui expliquer, sans le gronder, que cela ne se fait pas en public.

Dans le cas d’un adolescent, il est nécessaire de s’excuser (surtout, si on est entré sans frapper ni avoir eu l’autorisation d’ouvrir la porte), avec la formule « Pardon, je te dérange, je reviendrai plus tard. ». Il est inutile de revenir sur cet épisode. Le pire serait de juger son comportement ou laisser entendre que ces pratiques sont malsaines, perverses ou maladives. Sachez que la masturbation est un acte normal et positif de la sexualité des adolescents.

couple sexe
© iStock

9. La masturbation peut devenir une thérapie

VRAI. Bien que l’auto-érotisme fut condamné pendant près de trois siècles (du début du XVIIIe jusqu’au milieu du XXe), des recherches médicales ont été menées depuis et démontrent que la masturbation peut faciliter les rapports sexuels.

En effet, Masters et Johnson qui ont lancé le mouvement, et depuis la fin des années 60 où les sexologues se sont penchés sur la question, certains médecins recommandent cette pratique aux femmes qui n’ont jamais connu le plaisir. Selon des travaux, celles qui ne se sont jamais masturbées durant leur adolescence, ont davantage de difficultés à obtenir du plaisir dans une relation à deux. Connaître son corps permet de mieux appréhender la relation à deux par la suite.

10. La masturbation fatigue

FAUX. Les croyances selon lesquelles la masturbation fatiguerait ou rendrait sourd sont fausses. Pourtant, elles ont été véhiculées par un certain Docteur Tissot et son tristement célèbre Traité de l’onanisme paru en 1759. Ce texte attribue une série de maux (vertiges, mélancolie, langueur, surdité, impuissance, stupidité) au plaisir solitaire. Aujourd’hui, tous les médecins s’accordent pour affirmer qu’il est très bon pour la santé !

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