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Arsenic, plomb : les femmes enceintes davantage exposées via les produits de la mer

Crédits : Shen Xin - Pixabay
Arsenic, plomb : les femmes enceintes davantage exposées via les produits de la mer
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Selon une étude menée par Santé Publique France, les femmes Françaises enceintes sont plus exposées au mercure et à l’arsenic que les femmes vivant dans d’autres pays et ceci serait lié au fait que les Français consomment beaucoup de produits de la mer. 

Des conséquences graves pour la santé des fœtus

L’agence de santé publique française, sous tutelle du Ministère de la Santé, alerte les femmes enceintes sur la consommation de fruits de mer et de produits de la mer. Riches en métaux lourds, ils peuvent entraîner des conséquences graves pour la santé des futurs enfants.

Selon l’étude menée par Santé Publique France auprès de plus de 4000 femmes Françaises enceintes, celles-ci sont plus exposées au mercure et à l’arsenic que le reste des Européennes, les Canadiennes ou les Américaines. Ce phénomène serait lié au fait qu’elles consomment plus de poisson et de fruits de mer, d’après l’étude publiée le 19 décembre 2017.

Cette étude a eu lieu dans le cadre de la cohorte Elfe (Étude longitudinale française depuis l’enfance), qui a pour objectif initial de suivre plus de 18.000 enfants nés en 2011 pour mieux connaître « les différents facteurs qui peuvent avoir une influence sur le développement physique et psychologique de l’enfant, sa santé et sa socialisation ».

Selon l’étude de Santé Publique France, l’exposition du fœtus à ces métaux lourds peut avoir des conséquences sur sa santé à court, moyen ou long terme :

  • prématurité,
  • malformations congénitales,
  • petits poids à la naissance,
  • atteintes du système reproducteur,
  • troubles du métabolisme,
  • troubles du développement psychomoteur et intellectuel,
  • augmentation du risque de cancers.

12 métaux et métalloïdes trouvés chez plus de 4000 françaises enceintes

Crédits : Pixabay

Les chercheurs ont effectué des prélèvements de sang du cordon ombilical, de cheveux et d’urines maternelles recueillis en maternité au moment de l’accouchement auprès de 4145 femmes enceintes, afin d’y rechercher la trace de 13 types de métaux et métalloïdes :

  • l’aluminium,
  • l’antimoine,
  • l’arsenic total,
  • le cadmium,
  • le césium,
  • le chrome,
  • le cobalt,
  • l’étain,
  • le mercure,
  • le nickel,
  • le plomb,
  • l’uranium
  • et le vanadium.

Leurs résultats sont effrayants : ils ont retrouvé la trace de tous ces métaux lourds à l’exception de l’uranium, dans l’organisme des femmes enceintes participantes.

Pour 3 métaux : le plomb, le cadmium et le mercure, moins de 1% des femmes atteignait le seuil de toxicité défini par le droit français et international. Dans 99% des cas, la concentration de ces métaux passait sous le seuil de toxicité et n’entraîne pas d’effets défavorables sur la santé des futurs enfants.

Toutefois, les chercheurs ont retrouvé du mercure chez 91% des femmes participantes, et de l’arsenic chez 100% d’entre elles. Mais cette nouvelle n’a pas entraîné de recommandations sanitaires particulières de la part du gouvernement.

« Ce que nous avons mesuré c’est le niveau d’exposition. Nous n’en tirons pas de recommandation sanitaire », a répondu Clémence Fillol, responsable de la surveillance biologique à Santé publique France, à des journalistes de l’Agence France Presse.

L’agence Santé Publique France a déclaré que la concentration en mercure et en arsenic est « plus élevée que chez la moyenne des Européennes, des Américaines et des Canadiennes », un phénomène qui serait principalement dû :

  • au tabac, à l’origine de la présence de 5 métaux et métalloïdes (antimoine, chrome, cobalt, nickel, vanadium)
  • et aux habitudes alimentaires telles que la consommation de « produits de la mer, de légumes racines, d’eau du robinet et d’eau embouteillée ».

Des bénéfices-risques à étudier

Les poissons et les crustacés seraient les plus exposés au mercure et à l’arsenic. Toutefois, « il faut prendre l’alimentation dans sa totalité, et voir l’analyse bénéfices-risques » de la consommation de produits de la mer, a déclaré Clémence Fillol à l’AFP.

En effet, les produits de la mer apportent des bénéfices nutritionnels non négligeables : acides gras essentiels, protéines, vitamines, minéraux et oligoéléments, ce pourquoi l’agence Santé Publique France recommande malgré tout aux femmes enceintes de consommer des poissons gras deux fois par semaine (saumon, maquereau, sardine, anchois, truite fumée, hareng…) en diversifiant les espèces.

Quels aliments éviter ?

A titre de précaution, l’agence préconise de ne pas consommer les poissons les plus contaminés :

  • requin,
  • lamproie,
  • espadon,
  • thon,
  • brochet,
  • dorade,
  • fruits de mer.

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